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Quelques mots de préambule...

 

     C’est un fait : un stabilisateur de caméra est un accessoire encombrant, lourd et coûteux. Certains, hésitant devant la dépense, se demandent si elle est vraiment nécessaire alors que, justement, les fabricants vantent les mérites des stabilisateurs optiques intégrés à leurs caméras haut de gamme. D’autre part, les logiciels de montage évolués ne proposent-ils pas, eux aussi, des plug-ins promettant monts et merveilles en termes de stabilité d’image ?

Tout cela est vrai, et là encore, tout dépend des objectifs que vous poursuivez. Tenir la caméra à la main entraînera inévitablement des bougés dûs aux mouvements involontaires du corps—à commencer par la respiration. Mettez-vous à marcher, voire à monter ou descendre un escalier, et les saccades s’amplifieront. Ces défauts, que vous pouvez juger acceptables pour un film familial, pourront être en partie gommés au montage (au prix d’une baisse de la résolution), mais jamais totalement éliminés.

De plus, dans ce domaine comme dans d’autres, il est plus sûr d’obtenir dès le tournage un plan « propre » et fluide, plutôt que d’espérer rattraper au montage des secousses disgracieuses.

Inventé par Garrett Brown et commercialisé dès 1976 par Cinema Products sous la marque steadicam (devenue un terme générique), le stabilisateur de caméra apporte une réponse professionnelle aux risques de bougé lors des plans en mouvement où la caméra est tenue à la main.

« L’Aigle » est un stabilisateur de fabrication française (c’est assez rare pour être souligné). Le premier modèle est apparu en 2003. J’en avais, à l’époque, acquis un mais je dois bien avouer que je n’étais jamais parvenu à le maîtriser totalement.

Son équilibrage, long et délicat, souffrait des limitations physiques inhérentes à son système de bagues à friction : quand on met en contact du métal et du plastique semi-souple anti-dérapant, arrive un moment où il est impossible d’obtenir une précision de réglage inférieure au millimètre, voire au demi-millimètre dans le meilleur des cas : ça colle, ça coince, ça se décoince brutalement et tout est à refaire.

Or, c’est justement d’un équilibrage parfait que dépend la frustration (ou l’extase !) de l’opérateur...

 

En second lieu, l’Aigle classique était un modèle porté à la main, et la manipulation de l’engin (plus de 2 kilos, plus le poids de la caméra) devenait vite fatiguante.

Le modèle Imperator Isoforce résoud tous ces problèmes—moyennant, il est vrai, un prix très supérieur mais extrêmement compétitif par rapport aux modèles américains équivalents.

 

Le but de cette page est de partager mon expérience d’utilisateur débutant, ainsi que quelques astuces que j’ai eu la chance de recevoir de la part du concepteur de l’Aigle lui-même.

Le site officiel de l’Aigle est ici.

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L’ Aigle Imperator Isoforce et comment l’équilibrer

Le système se compose de trois éléments de base : le harnais, le bras articulé (« l’Aile »), et le stabilisateur lui-même. À ces éléments de base viennent s’ajouter des accessoires supplémentaires : platine de repos et de réglage (le « Nid »), moniteur de contrôle (avec sa batterie et son pare-soleil), platines-lest supplémentaires, Balancier—tout cela sans parler des accessoires éventuellement installés sur la caméra elle-même : mattebox et filtres, micro-canon, récepteur UHF, etc.

Nous allons parler de tout cela plus en détail, mais rappelons avant tout un premier principe de bon sens, mais facile à oublier : avant même de commencer l’équilibrage, il faut mettre la caméra dans la configuration exacte de tournage qui sera utilisée : ajouter un filtre, brancher le micro-canon dont la lourde prise XLR pendait verticalement, voire même... introduire une cassette dans la caméra ! Tout cela modifie la répartition des poids et le centre de gravité, et peut vous obliger à reprendre le réglage. N’oubliez pas que, par définition, plus vous approcherez du réglage parfait, plus la moindre variation d’équilibre aura de conséquences.

Avec l’Aigle Imperator Isoforce (que j’appellerai « l’Aigle » tout court dans la suite de ce test), affiner le réglage est aisé, mais autant prendre de bonnes habitudes dès le départ : vous gagnerez ainsi du temps.


Premier équilibrage approximatif

Déployez le stand d’équilibrage sur un sol plat et stable. Un pied de projecteur Manfrotto 005 MT fait très bien l’affaire et offre l’intérêt d’être très répandu sur tous les tournages. Rehaussez l’ergot qui se trouve au sommet jusqu’à hauteur du visage, puis vissez solidement dessus la platine joliment appelée le « Nid ». Pour travailler en sécurité, le Nid ne doit présenter aucun jeu ni aucune tendance à la rotation. Positionnez l’Aigle sur le reposoir du Nid (pas encore sur l’ergot d’équilibrage) et enfoncez-le à fond. L’Aigle est maintenant verrouillé en position verticale et vous pouvez ajouter les accessoires.


Vissez le moniteur de contrôle sur une platine. De même, installez le pack-batterie à la base grâce à son clip. Connectez le tout, à l’exception du fil d’alimentation : inutile de vider la batterie avant d’en avoir besoin. Vous pouvez déporter sur la droite la platine portant le moniteur afin que le tube vertical de l’Aigle n’obstrue pas votre champ de vision (voir photo ci-dessous). Pendant tout le tournage, c’est en effet le moniteur de contrôle que vous devrez regarder, et rien d’autre.

 

Ensuite, installez la caméra en configuration exacte de tournage sur la tête de l’Aigle, connectez la prise RCA jaune qui enverra le signal vidéo au moniteur de contrôle (il existe un passe-câble à l’intérieur du tube de l’Aigle), puis placez le tout sur l’ergot d’équilibrage du Nid. Procédez à un premier équilibrage afin que l’ensemble ne pivote pas sur le côté et ne penche ni à droite ni à gauche, ni en avant ni en arrière.

Pour ce faire, commencez par bien aligner les platines-lest dans l’axe de la tête de l’Aigle (sauf celle qui porte le moniteur, bien sûr, si vous avez choisi de la déporter comme montré ci-dessus). Ensuite, aidez-vous des vis micrométriques pour déplacer la platine porte-caméra de côté ou vers l’avant ou l’arrière. Si vous avez déporté la platine porte-moniteur, ne soyez pas étonné d’avoir à déplacer la caméra presque en bout de course vers la gauche pour compenser, comme montré ci-dessous.

 

Le sens dans lequel on doit faire tourner les vis d’ajustage pour déplacer la platine n’est pas repéré sur l’appareil. C’est irritant car les déplacements sont, par construction, conçus pour être infinitésimaux et, au début, on perd souvent du temps à tourner une vis (qui offre une résistance de bon aloi) dans un certain sens, pour s’apercevoir ensuite que c’est en sens inverse qu’on devait la manœuvrer... Je verrai courant juin, lorsque je recevrai la tête nouveau modèle, si cela fonctionne de manière plus intuitive.

 

La nouvelle tête à semelle (juillet 2005)

Cette nouvelle tête est plus esthétique et plus ergonomique : toutes les vis sont du même côté et peuvent être ajustées sans avoir à se déplacer pour « être à sa main ». Et être à sa main n’est pas du luxe car, si la vis de réglage longitudinal (qui commande une crémaillère) est très douce à manipuler, l’autre fait preuve d’une copieuse résistance et nécessite une certaine poigne... tout en gardant de la douceur, puisque le mécanisme qu’elle commande ne doit pas être brutalisé.

En revanche, cette nouvelle tête n’est pas fournie avec une platine rapide. Il vous faudra donc boulonner la caméra dessus. Pour éviter cet inconvénient, j’ai installé à demeure une platine Manfrotto modèle 577, compatible avec celle de mon trépied. Ainsi, la caméra passe facilement du trépied à l’Aigle et vice-versa, sans dévissages, revissages et perte des boulons en cours de route.

La tête comporte un raccord RCA d’excellente qualité, avec des connecteurs métalliques, lourds et solides, et des fiches plaquées or.

Selon le concepteur de l’Aigle, la nouvelle tête a été conçue en réponse aux critiques des utilisateurs de caméras lourdes quant à un léger jeu longitudinal présent sur l’ancien modèle. Ce jeu, imperceptible avec une DVX100A, était en effet évident à constater à la main dès lors qu’on savait de quoi il s’agissait. Il a aujourd’hui complètement disparu.

 

 

Comme je l’avais espéré, la manipulation des vis micrométriques est maintenant plus intuitive, au moins pour le réglage longitudinal. Pour le rélage latéral, ça n’a toujours rien d’évident, en tous cas à mes yeux, en dépit des petites flèches directionnelles évidées dans le socle de la tête. Et comme c’est justement cette vis-là qui est particulièrement dure à manœuvrer, j’ai repéré son sens de fonctionnement à l’aide des lettres « G » et « D » collées de part et d’autre de cette vis.

Une fois équipée d’une platine rapide, cette nouvelle tête ne souffre aucune critique, si ce n’est la dureté désagréable de la vis d’ajustage latéral... mais peut-être ce phénomène s’atténue-t-il avec le temps et les manipulations—encore que j’en doute un peu. La stabilité et la solidité de l’ensemble sont parfaites. Attention cependant à fignoler parfaitement l’équilibrage de votre Aigle avant de serrer la came de blocage de la semelle mobile, car sinon vous aurez instinctivement tendance à reprendre le réglage en oubliant que cette came est serrée, et vous risquez d’endommager la vis de réglage longitudinal.

 

Équilibrage vertical (bottom heaviness) et réglage fin

Une fois ce premier réglage approximatif réalisé, prenez l’Aigle de part et d’autre de son gimbal central (système à la Cardan) et amenez-le en position franchement horizontale. Puis, lâchez tout... avec précaution quand même (!!) car la première fois, il va sans doute revenir assez brutalement à la verticale ! C’est la preuve que sa bottom heaviness (littéralement : lourdeur de la partie basse) est mal réglée.

Ce point est particulièrement important, car un Aigle parfaitement équilibré avant/arrière et gauche/droite, mais trop lourd du bas (bottom heavy) ne vous donnera pas des plans fluides et trahira au contraire chacun de vos pas. C’est une cause de désappointement fréquente chez les utilisateurs débutants. Pour y remédier, il va vous falloir rehausser la partie supérieure en faisant coulisser le tube vertical à travers le gimbal, grâce à la vis de serrage illustrée ci-dessous :

 

Le bon réglage de bottom heaviness est atteint lorsque l’Aigle, placé horizontalement, met environ 2 à 3 secondes à revenir en position verticale en démontrant une bonne inertie, c’est-à-dire une certaine « réticence » à se redresser. Il doit donc être plus lourd du bas que de haut (sinon, il aura tendance à « chavirer »), mais à peine. Lorsque vous y êtes parvenu, affinez le réglage avec les vis micrométriques jusqu’à obtenir une verticalité parfaite de l’ensemble, à l’aide de la « bulle » :

 

Un dernier conseil : l’Aigle proche du point d’équilibre est sensible à toute influence extérieure. Équilibrez-le donc toujours à l’abri du vent car, si vous devez travailler en extérieur, même une faible brise vous compliquera toujours la tâche.

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Le harnais et le bras articulé (« l’Aile »)

Le harnais comporte une plaque dorsale rigide en aluminium destiné à assurer une bonne répartition de la charge sur le dos. Un utilisateur comme moi, qui n’ai rien d’un athlète, n’éprouve aucune difficulté à porter le tout pendant une trentaine de minutes d’affilée (et sans doute bien davantage avec un peu d’entraînement), pourvu que le harnais soit bien réglé et ajusté. Ce réglage est donc tout aussi important que celui de l’Aigle proprement dit : un opérateur qui travaille confortablement est plus productif et réussit de meilleurs plans.

Cependant, ayez toujours le stand d’équilibrage et de repos à proximité : il est très facile d’y « garer » l’Aigle entre deux prises sans que l’équilibrage soit à refaire à chaque fois (voir ci-après). Tant qu’il n’est pas nécessaire de vous dépenser... économisez-vous !

Le harnais existe en quatre tailles : S, M, L et XL. Je fais 1,85 m pour 83 kilos, et le modèle M me convient très bien. Le débattement des sangles est même très suffisant pour m’autoriser encore quelques copieux repas d’affaires ! :o)

Le point important est que le bord supérieur du large coussin abdominal soit environ à la hauteur du diaphragme. Ajustez les sangles latérales de manière à ce qu’elles soient correctement serrées, sans bien sûr devenir étouffantes, puis ajustez les sangles d’épaule. À l’expérience, la meilleure manière est d’ajuster alternativement les sangles abdominales et les sangles d’épaule. L’idéal est qu’à vide, le harnais ne présente aucun jeu (qu’il ne se « balade » pas). Une fois chargé, il descendra sans doute un peu du fait du poids supplémentaire, mais s’il est mal ajusté, le coussin abdominal descendra jusque vers l’aine et vous gênera pour marcher, pour monter un escalier, pour plier les genoux, etc.

Les sangles d’épaule, du fait qu’elles sont physiquement liées à leurs coussinets absorbants, ne présentent peut-être pas assez de débattement : on souhaiterait pouvoir les serrer un peu plus, surtout lorsqu’on est habillé de vêtements sans grande épaisseur.

 

Le bras articulé (« l’Aile ») est un très bel objet, d’apparence très esthétique comme toujours avec l’Aigle, et très bien usiné. Composé de quatre parties articulées, on ne sait pas très bien par quel bout le prendre au début : attendez-vous à encaisser quelques inévitables pinçages de doigts et autres chocs sur les tibias qui pourront être douloureux compte tenu de la masse inerte de l’objet... Vous apprendrez vite à ne saisir la bête que par l’une de ses extrémités, et à éviter tout mouvement brusque.

L’Aile possède sa propre « place de parking » sur le Nid : un simple doigt métallique sur lequel l’Aile vient s’enficher via l’un des deux trous qui serviront à sécuriser sa fixation sur le harnais (voir photos ci-dessous). L’apparente fragilité relative de ce doigt m’inquiète un peu compte tenu du poids de l’Aile, mais on peut penser que tout cela a été calculé comme il convient...

 

L’Aile se relie au bras de portage rigide du harnais par simple emboïtement. L’ajustage est d’excellente qualité et ne présente aucun jeu. De fait, l’ensemble serait utilisable tel quel, mais le concepteur a prévu une sécurité par l’intermédiaire d’une vis quadrillée. C’est certainement une sage précaution, mais hélas ! cette vis et sa rondelle ont une fâcheuse tendance à échapper à la main de l’opérateur, qui pestera ensuite pour les récupérer sur le sol, si les conditions de tournage lui imposent de se harnacher seul...

Ce fichu duo baladeur vis/rondelle est la plus sérieuse critique que j’aie à adresser au système ; il faudrait vraiment trouver un moyen de les sécuriser, peut-être en s’inspirant des solutions adoptées pour les bouchons d’objectif de certains camescopes.

 

 

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Mise en place du stabilisateur sur l’Aile

Cette mise en place se fait facilement, pourvu que vous ayez suivi notre conseil ci-dessus (surélever le Nid jusqu’à hauteur du visage environ). Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à saisir l’Aile de la main droite, la poignée courbe du stabilisateur de la main gauche, et à ployer légèrement les genoux pour amener l’ergot de l’Aile sous cette poignée creuse. Redressez-vous lentement en guidant l’emboîtement de l’ergot dans la poignée, et lorsque cet emboîtement sera effectué, le stabilisateur quittera de lui-même son « parking », en toute sécurité.

 

Pour le remettre en place, manœuvre inverse : positionner le stabilisateur à la verticale de son « parking », puis le faire descendre jusqu’à enclenchement en pliant les genoux, et continuer à se baisser jusqu’à ce que la poignée courbe et l’ergot de l’Aile se désolidarisent. Avec un minimum de pratique, cette procédure des « genoux pliés » vous deviendra instinctive. Évitez surtout d’essayer de « porter » l’Aigle à la main en le tenant par la poignée courbe : elle n’est pas faite pour cela, ne procure pas une bonne adhérence, et comme elle est directement solidaire du gimbal, l’Aigle se balade en tous sens et est délicat à maîtriser.

 

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Les accessoires

Le Balancier (juillet 2005)

Cet élément supplémentaire ne s’installe pas sans douleur : même si l’on peut imaginer de coller sur son axe les deux coussins de plastique qui l’assujetissent parfaitement sous la semelle de l’Aigle (c’est autant de petites pièces en moins à égarer), il faudra sortir la clé Allen pour serrer les deux vis. Si vous êtes seul, installez le Balancier avant la caméra, et pour ce faire, retournez l’Aigle et posez la semelle sur une table ou une chaise pour vous aider de la gravité.

De plus, le Balancier augmente très sensiblement l’encombrement hors-tout de l’engin, et les platines pointues sont particulièrement agressives pours les gens à l’entour lorsqu’elles sont installées pointes en avant, comme sur la photo ci-dessous. Vous pouvez bien sûr les orienter comme vous voulez, en fonction de vos préférences personnelles... mais orientées vers l’arrière, c’est pour l’opérateur lui-même qu’elles deviennent dangereuses !

En dépit de ces inconvénients, le Balancier est un accessoire qui ajoute beaucoup à l’Aigle, en lui procurant une inertie importante, en particulier lors des panoramiques. Si vous l’utilisez avec précaution au début, vous vous habituerez à son envergure et vous l’apprécierez à sa juste valeur.


Le moniteur de contrôle et son pare-soleil

De ce moniteur LCD sans marque, facturé moins de 300 € TTC, il ne faut évidemment pas attendre monts et merveilles. Il fait honnêtement ce qu’on attend de lui : il est assez grand (7 pouces) pour offrir une surface visuelle suffisante ; il est commutable 4:3 et 16:9 ; et surtout, il assure l’underscan, point capital puisque c’est lui qui sert de référence au cadreur.

Cela étant, sa définition d’image n’a rien de mémorable, ni son rendu des couleurs—en tous cas, en l’absence de pare-soleil dont le manque en extérieur se fait, bien sûr, cruellement sentir. Cet accessoire indispensable est cependant prévu, mais sine die pour le moment. Bref, ne comptez pas sur ce moniteur pour régler l’exposition, mais après tout ce n’est pas sa fonction.

Pare-soleil : encore non disponible en juillet 2005.

 

Les solutions de transport

Il est fai allusion à de telles solutions sur le site officiel de l’Aigle, mais de fait elles n’existent pas à l’heure actuelle (juin 2005). Sur le conseil du concepteur, j’ai opté pour un très grand sac de sport (à choisir aussi discret que possible). Monté sur roulettes (bien pratique), il contient tout le matériel mais devra être aménagé avec des blocs de mousse découpés sur mesure. Au moins, ela permet de tout avoi ans un seul conteneur...

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Pilotage de l’Aigle

La première chose à observer est la bonne position des mains. La main droite, qui commande la hauteur du stabilisateur, doit reposer fermement sur la poignée coudée de l’Aigle. C’est aussi cette main qui détermine la position de l’ensemble par rapport à l’axe de déplacement de l’opérateur, afin de ne pas donner de coups de genou dans les platines inférieures lors de la marche. C’est aussi la main droite qui contrôle le débattement du bras articulé, dont on doit éviter autant que possible qu’il se replie « en portefeuille » comme un semi-remorque en détresse. En effet, ce faisant, le bras articulé et sa charnière centrale vont se heurter légèrement ; certes, des plots en caoutchouc existent, judicieusement placés pour amortir ces petits chocs (ce qui démontre le soin apporté à la conception), mais le « poc poc » correspondant sera audible, notamment si le son est pris par un micro placé sur la caméra (même si c’est un micro-canon).

Il est donc important de trouver, avec la main droite, le bon positionnement de l’Aigle par rapport au corps : pas trop loin pour ne pas travailler les bras trop tendus (ça fatigue), pas trop près pour ne pas risquer de buter dedans en marchant ou en se déplaçant latéralement, et offrant le meilleur point de vue possible sur le moniteur de contrôle. Une fois ce bon positionnement trouvé, il faudra éviter de le faire trop varier pendant le tournage : la répétition du plan avant le tournage est fondamentale pour permettre à l’opérateur steadicam de prendre ses marques.

Autant la main droite doit être ferme (sans être rigide ni bloquée), autant la main gauche, placée sur la poignée quadrillée de l’Aigle, doit être légère. Plutôt que la main, ce sont d’ailleurs les deux dernières phalanges des doigts qui reposeront sur cette poignée quadrillée. En effet, c’est la main gauche qui pilote l’Aigle ; elle devra donc rester souple, flexible, en position de mettre en œuvre immédiatement tous les ajustements nécessaires. Votre Aigle étant, on le suppose, parfaitement équilibré, seuls de très légers mouvements seront nécessaires... et à l’inverse, tout « coup de doigt » intempestif se verra (plus ou moins) à l’image.

Cela étant dit, un plan réalisé à la steadicam n’aura pas toujours l’absolue perfection d’un travelling sur chariot, même lorsque l’opérateur est un professionnel chevronné. Repérez dans votre film favori un plan tourné ainsi, et gardez les yeux fixés sur les bords du cadre : vous verrez que la perfection n’est pas de ce monde... mais l’Aigle, bien utilisé, vous permettra de vous en approcher !

Quant aux jambes, on recommande fréquemment de les conserver légèrement pliées, pour mieux amortir les chocs dus à la marche. C’est un excellent conseil, mais pour ceux d’entre nous qui ne sont pas des athlètes consommés, cela devient vite fatiguant, et la fatigue est le pire ennemi de l’opérateur steadicam. En faisant des efforts pour continuer à marcher souplement, vous serez moins concentré sur le contrôle de vos mains, et le remède sera pire que le mal. Entraînez-vous à marcher souplement et sans à-coups, mais surtout avec le moins de stress musculaire possible dans les jambes.

Les yeux, enfin, resteront fixés en permanence sur le moniteur de contrôle. Les opérateurs expérmentés ont appris à garder, si l’on peu dire, un œil sur cet écran, et l’autre disponible pour d’autres tâches requérant leur attention... En fait, ils utilisent leur vision périphérique tout en restant parfaitement concentrés sur leur cadre. N’espérez pas réaliser ce tour de force sans un copieux entraînement. Bien entendu et pour d’évidentes raisons de sécurité, ayez recours à un assistant placé derrière vous pour vous « piloter » (par pressions sur les épaules ou les hanches) quand vous vous déplacez, particulièrement dans des endroits encombrés, ou lorsqu’il faut effectuer des manœuvres telles que montées ou descentes de trottoirs (et a fortiori d’escaliers !).

Vous vous en rendrez compte par vous-même : dès les premiers essais, les résultats sont absolument étonnants de fluidité. L’utilisation d’un Aigle bien équilibré est très intuitive et les conseils qui figurent sur cette page ne sont là, en fait, que pour vous éviter de commettre les quelques erreurs de débutant que j’ai commises moi-même, sans toutefois que cela me retarde outre mesure dans mon apprentissage de l’engin.




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Test de pilotage

Le petit film ci-dessous, au format QuickTime (2’14, 11,3 Mo), a été réalisé alors que j’utilisais l’Aigle pour la troisième fois de ma vie. Compte tenu de ma quasi-totale absence de pratique, le résultat n’est pas mauvais. L’exercice révèle quatre types de problèmes :

  •  Une difficulté à garder l’Aigle rigoureusement vertical : je « gîte » légèrement, en général  sur bâbord. Conserver une parfaite verticalité est difficile car quand on se déplace, le  steadicam n’est pas en face de soi, mais sur le côté. Ça ira sûrement mieux avec un peu  de  pratique, et aussi lorsque je disposerai du pare-soleil permettant de vraiment bien  voir  le  moniteur de contrôle. Le Balancier a permis de résoudre ce problème.

  •  Une légère tendance au roulis, qui devrait disparaître, là encore avec de la pratique, mais  aussi grâce au Balancier. Le Balancier a permis de résoudre l’essentiel de ce problème. Le reste est affaire de pratique.

  •  Une tendance au « sous-virage » qui mentraîne à faire pencher la tête de lAigle quand je  tourne ; question de pratique, sans doute.

  •  Une difficulté à maîtriser l« atterrissage » (le passage dune phase « en mouvement » à  une phase « à larrêt »), due à un mauvais contrôle de linertie de lengin. Selon le  concepteur, ce problème pourrait être accru à cause du déport de la platine porte-écran :  étant placée en dehors de laxe des autres platines, sans contrepartie dans la direction  opposée, cette platine crée une composante nouvelle et non compensée que lon peut  masquer pendant léquilibrge statique mais qui se ressent dans les phases dynamiques.

      Si je ne parviens pas à parfaitement maîtriser les atterrissages dans lavenir, je devrai  peut-être revenir sur mon idée de platine déportée, pourtant bien pratique. Le Balancier aide beaucoup à résoudre ce problème.

Le film ci-dessous a été tourné avec la Panasonic AG-DVX100A en mode progressif, en fin de journée et avec de très forts contrastes entre zones dombre et zones éclairées. Je nai pas pris la peine de calculer une exposition moyenne (ce nétait pas le but de lexercice), et lautomatisme montre vite ses limites—veuillez men excuser.

Je me suis aussi un peu amusé avec les textures dimage dans Magic Bullet, mais cela ne devrait pas nuire à la lisibilité du métrage du point de vue qui mintéresse, à savoir vous montrer quavec, au total, moins dune heure de pratique préalable, il est déjà possible de réussir des travellings assez « propres », ce qui en dit long sur la facilité demploi de lAigle et sur la parfaite fluidité quil doit être possible datteindre avec un peu dentraînement.

Ce film a été tourné sans le Balancier. J'essaierai de tourner quelque chose de sympa prochainement et de le mettre en ligne ici.

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