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L’ Aigle Imperator Isoforce
et comment l’équilibrer
Le système se compose
de trois éléments de base : le
harnais, le bras articulé (« l’Aile »),
et le stabilisateur lui-même.
À ces éléments de base viennent s’ajouter
des accessoires supplémentaires : platine de repos et
de réglage (le « Nid »), moniteur de
contrôle (avec sa batterie et son pare-soleil), platines-lest
supplémentaires, Balancier—tout
cela sans parler des accessoires éventuellement installés
sur la caméra elle-même : mattebox et filtres,
micro-canon, récepteur UHF, etc.
Nous allons parler de tout
cela plus en détail, mais rappelons avant tout un premier
principe de bon sens, mais facile à oublier : avant
même de commencer l’équilibrage, il faut mettre
la caméra dans la configuration exacte de tournage qui sera
utilisée : ajouter un filtre, brancher le micro-canon
dont la lourde prise XLR pendait verticalement, voire même...
introduire une cassette dans la caméra ! Tout cela modifie
la répartition des poids et le centre de gravité,
et peut vous obliger à reprendre le réglage. N’oubliez
pas que, par définition, plus
vous approcherez du réglage parfait, plus la moindre variation
d’équilibre aura de conséquences.
Avec l’Aigle Imperator
Isoforce (que j’appellerai « l’Aigle »
tout court dans la suite de ce test), affiner le réglage
est aisé, mais autant prendre de bonnes habitudes dès
le départ : vous gagnerez ainsi du temps.
Premier équilibrage approximatif
Déployez le stand
d’équilibrage sur un sol plat et stable. Un pied de
projecteur Manfrotto 005 MT fait très bien l’affaire
et offre l’intérêt d’être très
répandu sur tous les tournages. Rehaussez l’ergot qui
se trouve au sommet jusqu’à hauteur du visage, puis
vissez solidement dessus la platine joliment appelée le « Nid ».
Pour travailler en sécurité, le Nid ne doit présenter
aucun jeu ni aucune tendance à la rotation. Positionnez l’Aigle
sur le reposoir du Nid (pas encore sur l’ergot d’équilibrage)
et enfoncez-le à fond. L’Aigle est maintenant verrouillé
en position verticale et vous pouvez ajouter les accessoires.
Vissez le moniteur de contrôle
sur une platine. De même, installez le pack-batterie à
la base grâce à son clip. Connectez le tout, à
l’exception du fil d’alimentation : inutile de
vider la batterie avant d’en avoir besoin. Vous pouvez déporter
sur la droite la platine portant le moniteur afin que le tube vertical
de l’Aigle n’obstrue pas votre champ de vision (voir
photo ci-dessous). Pendant tout le tournage, c’est
en effet le moniteur de contrôle que vous devrez regarder,
et rien d’autre.
Ensuite, installez la caméra
en configuration exacte de tournage sur la tête de l’Aigle,
connectez la prise RCA jaune qui enverra le signal vidéo
au moniteur de contrôle (il existe un passe-câble à
l’intérieur du tube de l’Aigle), puis placez
le tout sur l’ergot d’équilibrage du Nid. Procédez
à un premier équilibrage afin que l’ensemble
ne pivote pas sur le côté et ne penche ni à
droite ni à gauche, ni en avant ni en arrière.
Pour ce faire, commencez
par bien aligner les platines-lest dans l’axe de la tête
de l’Aigle (sauf celle qui porte le moniteur, bien sûr,
si vous avez choisi de la déporter comme montré ci-dessus).
Ensuite, aidez-vous des vis micrométriques pour déplacer
la platine porte-caméra de côté ou vers l’avant
ou l’arrière. Si vous avez déporté la
platine porte-moniteur, ne soyez pas étonné d’avoir
à déplacer la caméra presque en bout de course
vers la gauche pour compenser, comme montré ci-dessous.
Le sens dans lequel
on doit faire tourner les vis d’ajustage pour déplacer
la platine n’est pas repéré sur l’appareil.
C’est irritant car les déplacements sont, par construction,
conçus pour être infinitésimaux et, au début,
on perd souvent du temps à tourner une vis (qui offre une
résistance de bon aloi) dans un certain sens, pour s’apercevoir
ensuite que c’est en sens inverse qu’on devait la manœuvrer...
Je verrai courant juin, lorsque je recevrai la tête nouveau
modèle, si cela fonctionne de manière plus intuitive.
La nouvelle tête
à semelle (juillet 2005)
Cette nouvelle tête est plus esthétique
et plus ergonomique : toutes les vis sont du même côté
et peuvent être ajustées sans avoir à se déplacer
pour « être à sa main ». Et être
à sa main n’est pas du luxe car, si la vis de réglage
longitudinal (qui commande une crémaillère) est très
douce à manipuler, l’autre fait preuve d’une
copieuse résistance et nécessite une certaine poigne...
tout en gardant de la douceur, puisque le mécanisme qu’elle
commande ne doit pas être brutalisé.
En revanche, cette nouvelle tête n’est
pas fournie avec une platine rapide. Il vous faudra donc boulonner
la caméra dessus. Pour éviter cet inconvénient,
j’ai installé à demeure une platine Manfrotto
modèle 577, compatible avec celle de mon trépied.
Ainsi, la caméra passe facilement du trépied à
l’Aigle et vice-versa, sans dévissages, revissages
et perte des boulons en cours de route.
La tête comporte un raccord RCA d’excellente
qualité, avec des connecteurs métalliques,
lourds et solides, et des fiches plaquées or.
Selon le concepteur de l’Aigle,
la nouvelle tête a été conçue en réponse
aux critiques des utilisateurs de caméras lourdes quant à
un léger jeu longitudinal présent sur l’ancien
modèle. Ce jeu, imperceptible avec une DVX100A, était
en effet évident à constater à la main dès
lors qu’on savait de quoi il s’agissait. Il a aujourd’hui
complètement disparu.
Comme je l’avais espéré, la
manipulation des vis micrométriques est maintenant plus intuitive,
au moins pour le réglage longitudinal. Pour le rélage
latéral, ça n’a toujours rien d’évident,
en tous cas à mes yeux, en dépit des petites flèches
directionnelles évidées dans le socle de la tête.
Et comme c’est justement cette vis-là qui est particulièrement
dure à manœuvrer, j’ai repéré son
sens de fonctionnement à l’aide des lettres « G »
et « D » collées de part et d’autre
de cette vis.
  
Une fois équipée d’une platine
rapide, cette nouvelle tête ne souffre aucune critique, si
ce n’est la dureté désagréable de la
vis d’ajustage latéral... mais peut-être ce phénomène
s’atténue-t-il avec le temps et les manipulations—encore
que j’en doute un peu. La stabilité et la solidité
de l’ensemble sont parfaites. Attention
cependant à fignoler parfaitement l’équilibrage
de votre Aigle avant de serrer la came de blocage de la semelle
mobile, car sinon vous aurez instinctivement tendance
à reprendre le réglage en oubliant que cette came
est serrée, et vous risquez d’endommager la vis de
réglage longitudinal.
Équilibrage vertical (bottom
heaviness) et réglage fin
Une fois ce premier réglage
approximatif réalisé, prenez l’Aigle de part
et d’autre de son gimbal central (système
à la Cardan) et amenez-le en position franchement horizontale.
Puis, lâchez tout... avec précaution quand même
(!!) car la première fois, il va sans doute revenir assez
brutalement à la verticale ! C’est la preuve que
sa bottom heaviness (littéralement : lourdeur
de la partie basse) est mal réglée.
Ce
point est particulièrement important, car
un Aigle parfaitement équilibré avant/arrière
et gauche/droite, mais trop lourd du bas (bottom heavy)
ne vous donnera pas des plans fluides et trahira au contraire chacun
de vos pas. C’est une cause de désappointement fréquente
chez les utilisateurs débutants. Pour y remédier,
il va vous falloir rehausser la partie supérieure en faisant
coulisser le tube vertical à travers le gimbal,
grâce à la vis de serrage illustrée ci-dessous :
 
Le bon réglage de
bottom heaviness est atteint lorsque l’Aigle, placé
horizontalement, met environ 2 à 3 secondes à revenir
en position verticale en démontrant une bonne inertie, c’est-à-dire
une certaine « réticence » à
se redresser. Il doit donc être plus lourd du bas que de haut
(sinon, il aura tendance à « chavirer »),
mais à peine. Lorsque vous y êtes parvenu, affinez
le réglage avec les vis micrométriques jusqu’à
obtenir une verticalité parfaite de l’ensemble, à
l’aide de la « bulle » :
 
Un dernier conseil :
l’Aigle proche du point d’équilibre est sensible
à toute influence extérieure. Équilibrez-le
donc toujours à l’abri du vent car, si vous devez travailler
en extérieur, même une faible brise vous compliquera
toujours la tâche.
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Le harnais et le bras articulé
(« l’Aile »)
Le harnais comporte une plaque
dorsale rigide en aluminium destiné à assurer une
bonne répartition de la charge sur le dos. Un utilisateur
comme moi, qui n’ai rien d’un athlète, n’éprouve
aucune difficulté à porter le tout pendant une trentaine
de minutes d’affilée (et sans doute bien davantage
avec un peu d’entraînement), pourvu que le harnais soit
bien réglé et ajusté. Ce
réglage est donc tout aussi important que celui de l’Aigle
proprement dit : un opérateur qui travaille confortablement
est plus productif et réussit de meilleurs plans.
Cependant, ayez toujours
le stand d’équilibrage et de repos à proximité :
il est très facile d’y « garer »
l’Aigle entre deux prises sans que l’équilibrage
soit à refaire à chaque fois (voir ci-après).
Tant qu’il n’est pas nécessaire de vous dépenser...
économisez-vous !
Le harnais existe en quatre
tailles : S, M, L et XL. Je fais 1,85 m pour 83 kilos,
et le modèle M me convient très bien. Le débattement
des sangles est même très suffisant pour m’autoriser
encore quelques copieux repas d’affaires ! :o)
Le point important
est que le bord supérieur du large coussin abdominal soit
environ à la hauteur du diaphragme.
Ajustez les sangles latérales de manière à
ce qu’elles soient correctement serrées, sans bien
sûr devenir étouffantes, puis ajustez les sangles d’épaule.
À l’expérience, la meilleure manière
est d’ajuster alternativement les sangles abdominales et les
sangles d’épaule. L’idéal est qu’à
vide, le harnais ne présente aucun jeu (qu’il ne se
« balade » pas). Une fois chargé, il
descendra sans doute un peu du fait du poids supplémentaire,
mais s’il est mal ajusté, le coussin abdominal descendra
jusque vers l’aine et vous gênera pour marcher, pour
monter un escalier, pour plier les genoux, etc.
Les sangles d’épaule,
du fait qu’elles sont physiquement liées à leurs
coussinets absorbants, ne présentent peut-être pas
assez de débattement : on souhaiterait pouvoir les serrer
un peu plus, surtout lorsqu’on est habillé de vêtements
sans grande épaisseur.
  
Le bras articulé (« l’Aile »)
est un très bel objet, d’apparence très esthétique
comme toujours avec l’Aigle, et très bien usiné.
Composé de quatre parties articulées, on ne sait pas
très bien par quel bout le prendre au début :
attendez-vous à encaisser quelques inévitables pinçages
de doigts et autres chocs sur les tibias qui pourront être
douloureux compte tenu de la masse inerte de l’objet... Vous
apprendrez vite à ne saisir la bête que par l’une
de ses extrémités, et à éviter tout
mouvement brusque.
L’Aile possède
sa propre « place de parking » sur le Nid :
un simple doigt métallique sur lequel l’Aile vient
s’enficher via l’un des deux trous qui serviront à
sécuriser sa fixation sur le harnais (voir photos ci-dessous).
L’apparente fragilité relative de ce doigt m’inquiète
un peu compte tenu du poids de l’Aile, mais on peut penser
que tout cela a été calculé comme il convient...
  

L’Aile se relie au
bras de portage rigide du harnais par simple emboïtement. L’ajustage
est d’excellente qualité et ne présente aucun
jeu. De fait, l’ensemble serait utilisable tel quel, mais
le concepteur a prévu une sécurité par l’intermédiaire
d’une vis quadrillée. C’est certainement une
sage précaution, mais hélas ! cette vis et sa
rondelle ont une fâcheuse tendance à échapper
à la main de l’opérateur, qui pestera ensuite
pour les récupérer sur le sol, si les conditions de
tournage lui imposent de se harnacher seul...
Ce fichu duo baladeur
vis/rondelle est la plus sérieuse critique que j’aie
à adresser au système ;
il faudrait vraiment trouver un moyen de les sécuriser, peut-être
en s’inspirant des solutions adoptées pour les bouchons
d’objectif de certains camescopes.
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Mise en place du stabilisateur
sur l’Aile
Cette mise en place se fait
facilement, pourvu que vous ayez suivi notre conseil ci-dessus (surélever
le Nid jusqu’à hauteur du visage environ). Dans ce
cas, il ne vous reste plus qu’à saisir l’Aile
de la main droite, la poignée courbe du stabilisateur de
la main gauche, et à ployer légèrement les
genoux pour amener l’ergot de l’Aile sous cette poignée
creuse. Redressez-vous lentement en guidant l’emboîtement
de l’ergot dans la poignée, et lorsque cet emboîtement
sera effectué, le stabilisateur quittera de lui-même
son « parking », en toute sécurité.
  

Pour le remettre en place,
manœuvre inverse : positionner le stabilisateur à
la verticale de son « parking », puis le faire
descendre jusqu’à enclenchement en pliant les genoux,
et continuer à se baisser jusqu’à ce que la
poignée courbe et l’ergot de l’Aile se désolidarisent.
Avec un minimum de pratique, cette procédure des « genoux
pliés » vous deviendra instinctive. Évitez
surtout d’essayer de « porter » l’Aigle
à la main en le tenant par la poignée courbe :
elle n’est pas faite pour cela, ne procure pas une bonne adhérence,
et comme elle est directement solidaire du gimbal, l’Aigle
se balade en tous sens et est délicat à maîtriser.
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Les accessoires
Le Balancier (juillet
2005)
Cet élément
supplémentaire ne s’installe pas sans douleur :
même si l’on peut imaginer de coller sur son axe les
deux coussins de plastique qui l’assujetissent parfaitement
sous la semelle de l’Aigle (c’est autant de petites
pièces en moins à égarer), il faudra sortir
la clé Allen pour serrer les deux vis. Si vous êtes
seul, installez le Balancier avant la caméra, et pour ce
faire, retournez l’Aigle et posez la semelle sur une table
ou une chaise pour vous aider de la gravité.
De plus, le Balancier augmente
très sensiblement l’encombrement hors-tout de l’engin,
et les platines pointues sont particulièrement agressives
pours les gens à l’entour lorsqu’elles sont installées
pointes en avant, comme sur la photo ci-dessous. Vous pouvez bien
sûr les orienter comme vous voulez, en fonction de vos préférences
personnelles... mais orientées vers l’arrière,
c’est pour l’opérateur lui-même qu’elles
deviennent dangereuses !
En dépit de ces inconvénients,
le Balancier est un accessoire qui ajoute beaucoup à l’Aigle,
en lui procurant une inertie importante, en particulier lors des
panoramiques. Si vous l’utilisez avec précaution au
début, vous vous habituerez à son envergure et vous
l’apprécierez à sa juste valeur.
 
Le moniteur de contrôle
et son pare-soleil
De ce moniteur LCD sans marque,
facturé moins de 300 € TTC, il ne faut évidemment
pas attendre monts et merveilles. Il fait honnêtement ce qu’on
attend de lui : il est assez grand (7 pouces) pour offrir
une surface visuelle suffisante ; il est commutable 4:3 et
16:9 ; et surtout, il assure l’underscan, point
capital puisque c’est lui qui sert de référence
au cadreur.
Cela étant, sa définition
d’image n’a rien de mémorable, ni son rendu des
couleurs—en tous cas, en l’absence de pare-soleil dont
le manque en extérieur se fait, bien sûr, cruellement
sentir. Cet accessoire indispensable est cependant prévu,
mais sine die pour le moment. Bref, ne comptez pas sur
ce moniteur pour régler l’exposition, mais après
tout ce n’est pas sa fonction.
Pare-soleil : encore
non disponible en juillet 2005.
 
  
Les solutions de transport
Il est fai allusion à
de telles solutions sur le
site officiel de l’Aigle, mais de fait elles n’existent
pas à l’heure actuelle (juin 2005). Sur le conseil
du concepteur, j’ai opté pour un très grand
sac de sport (à choisir aussi discret que possible). Monté
sur roulettes (bien pratique), il contient tout le matériel
mais devra être aménagé avec des blocs de mousse
découpés sur mesure. Au moins, ela permet de tout
avoi ans un seul conteneur...
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Pilotage de l’Aigle
La première
chose à observer est la bonne
position des mains. La main
droite, qui commande la hauteur du stabilisateur,
doit reposer fermement sur la poignée
coudée de l’Aigle. C’est aussi
cette main qui détermine la position de l’ensemble
par rapport à l’axe de déplacement de l’opérateur,
afin de ne pas donner de coups de genou dans les platines inférieures
lors de la marche. C’est aussi la main droite qui contrôle
le débattement du bras articulé, dont on doit éviter
autant que possible qu’il se replie « en portefeuille »
comme un semi-remorque en détresse. En effet, ce faisant,
le bras articulé et sa charnière centrale vont se
heurter légèrement ; certes, des plots en caoutchouc
existent, judicieusement placés pour amortir ces petits chocs
(ce qui démontre le soin apporté à la conception),
mais le « poc poc » correspondant sera audible,
notamment si le son est pris par un micro placé sur la caméra
(même si c’est un micro-canon).
 
Il est donc
important de trouver, avec la main droite, le bon positionnement
de l’Aigle par rapport au corps : pas trop loin pour
ne pas travailler les bras trop tendus (ça fatigue), pas
trop près pour ne pas risquer de buter dedans en marchant
ou en se déplaçant latéralement, et offrant
le meilleur point de vue possible sur le moniteur de contrôle.
Une fois ce bon positionnement trouvé, il faudra éviter
de le faire trop varier pendant le tournage : la répétition
du plan avant le tournage est fondamentale pour permettre à
l’opérateur steadicam de prendre ses marques.
Autant la main
droite doit être ferme (sans être rigide ni bloquée),
autant la main gauche,
placée sur la poignée
quadrillée de l’Aigle, doit être
légère. Plutôt que la main, ce sont d’ailleurs
les deux dernières phalanges des doigts qui reposeront sur
cette poignée quadrillée. En effet, c’est
la main gauche qui pilote l’Aigle ; elle
devra donc rester souple, flexible, en position de mettre en œuvre
immédiatement tous les ajustements nécessaires. Votre
Aigle étant, on le suppose, parfaitement équilibré,
seuls de très légers mouvements seront nécessaires...
et à l’inverse, tout « coup de doigt »
intempestif se verra (plus ou moins) à l’image.
Cela étant
dit, un plan réalisé à la steadicam n’aura
pas toujours l’absolue perfection d’un travelling sur
chariot, même lorsque l’opérateur est un professionnel
chevronné. Repérez dans votre film favori un plan
tourné ainsi, et gardez les yeux fixés sur les bords
du cadre : vous verrez que la perfection n’est pas de
ce monde... mais l’Aigle, bien utilisé, vous permettra
de vous en approcher !
Quant aux jambes,
on recommande fréquemment de les conserver légèrement
pliées, pour mieux amortir les chocs dus
à la marche. C’est un excellent conseil, mais pour
ceux d’entre nous qui ne sont pas des athlètes consommés,
cela devient vite fatiguant,
et la fatigue est le pire ennemi de l’opérateur steadicam.
En faisant des efforts pour continuer à marcher souplement,
vous serez moins concentré sur le contrôle de vos mains,
et le remède sera pire que le mal. Entraînez-vous à
marcher souplement et sans à-coups, mais surtout avec le
moins de stress musculaire possible dans les jambes.
Les
yeux, enfin, resteront fixés
en permanence sur le moniteur de contrôle.
Les opérateurs expérmentés ont appris à
garder, si l’on peu dire, un œil sur cet écran,
et l’autre disponible pour d’autres tâches requérant
leur attention... En fait, ils utilisent leur vision périphérique
tout en restant parfaitement concentrés sur leur cadre. N’espérez
pas réaliser ce tour de force sans un copieux entraînement.
Bien entendu et pour d’évidentes raisons de sécurité,
ayez recours à un assistant
placé derrière vous pour vous « piloter »
(par pressions sur les épaules ou les hanches) quand vous
vous déplacez, particulièrement dans des endroits
encombrés, ou lorsqu’il faut effectuer des manœuvres
telles que montées ou descentes de trottoirs (et a fortiori
d’escaliers !).
Vous vous en
rendrez compte par vous-même : dès
les premiers essais, les résultats sont absolument étonnants
de fluidité. L’utilisation d’un
Aigle bien équilibré est très intuitive et
les conseils qui figurent sur cette page ne sont là, en fait,
que pour vous éviter de commettre les quelques erreurs de
débutant que j’ai commises moi-même, sans toutefois
que cela me retarde outre mesure dans mon apprentissage de l’engin.
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Test de pilotage
Le petit film ci-dessous,
au format QuickTime (2’14, 11,3 Mo), a été
réalisé alors que j’utilisais l’Aigle
pour la troisième fois de ma vie. Compte tenu de
ma quasi-totale absence de pratique, le résultat
n’est pas mauvais. L’exercice
révèle quatre types de problèmes :
-
Une difficulté
à garder l’Aigle rigoureusement vertical :
je « gîte » légèrement,
en général sur bâbord. Conserver
une parfaite verticalité est difficile car quand
on se déplace, le steadicam n’est pas
en face de soi, mais sur le côté. Ça
ira sûrement mieux avec un peu de pratique,
et aussi lorsque je disposerai du pare-soleil permettant
de vraiment bien voir le moniteur de
contrôle. Le Balancier a permis
de résoudre ce problème.
-
Une légère tendance
au roulis, qui devrait disparaître, là encore
avec de la pratique, mais aussi grâce au Balancier.
Le Balancier
a permis de résoudre l’essentiel de ce problème.
Le reste est affaire de pratique.
-
Une tendance au « sous-virage »
qui m’entraîne
à faire pencher la tête de l’Aigle
quand je tourne ; question de pratique, sans
doute.
-
Une difficulté à
maîtriser l’« atterrissage »
(le passage d’une phase
« en mouvement » à une
phase « à l’arrêt »),
due à un mauvais contrôle de l’inertie
de l’engin. Selon le
concepteur, ce problème pourrait être
accru à cause du déport de la platine porte-écran :
étant placée en dehors de l’axe
des autres platines, sans contrepartie dans la direction
opposée, cette platine crée une composante
nouvelle et non compensée que l’on
peut masquer pendant l’équilibrge
statique mais qui se ressent dans les phases dynamiques.
Si je ne parviens pas à parfaitement maîtriser
les atterrissages dans l’avenir,
je devrai peut-être revenir sur mon idée
de platine déportée, pourtant bien pratique.
Le Balancier
aide beaucoup à résoudre ce problème.
Le film ci-dessous a été
tourné avec la Panasonic AG-DVX100A en mode progressif,
en fin de journée et avec de très forts contrastes
entre zones d’ombre et
zones éclairées. Je n’ai
pas pris la peine de calculer une exposition moyenne (ce
n’était pas le
but de l’exercice), et
l’automatisme montre
vite ses limites—veuillez m’en
excuser.
Je me suis aussi un peu amusé avec
les textures d’image
dans Magic Bullet, mais cela ne devrait pas nuire
à la lisibilité du métrage du point
de vue qui m’intéresse,
à savoir vous montrer qu’avec,
au total, moins d’une
heure de pratique préalable, il est déjà
possible de réussir des travellings assez « propres »,
ce qui en dit long sur la facilité d’emploi
de l’Aigle et sur la
parfaite fluidité qu’il
doit être possible d’atteindre
avec un peu d’entraînement.
Ce film a été
tourné sans le Balancier. J'essaierai de tourner
quelque chose de sympa prochainement et de le mettre en
ligne ici.
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