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LE  TRÉPIED

 

      Un trépied est le tout premier accessoire à offrir à votre caméra, après le filtre UV (Skylight) pour protéger la lentille frontale de l’objectif. Son utilité est double : permettre de réaliser des plans fixes sans bougés ni tremblotements (il doit donc être parfaitement stable) et autoriser l’exécution de mouvements panoramiques verticaux et horizontaux aussi fluides que possible (sa tête doit donc présenter des caractéristiques précises).

Un trépied se compose de deux parties : les jambes et la tête. Sur les modèles non professionnels, elles sont en général indissociables, mais on voit de plus en plus souvent apparaître des trépieds légers dotés d’une tête amovible, et donc interchangeable.

L’intérêt est double : d’abord, si l’on achète un trépied solide et stable, on pourra conserver les jambes de longues années, à moins de changer drastiquement de catégorie de caméra pour adopter un modèle quatre ou cinq fois plus lourd. Ensuite, la tête est la partie la plus sensible, et donc la plus coûteuse ; on pourra donc, avec le temps, « améliorer » son trépied en ne changeant que la tête.

 

Les jambes

Généralement en aluminium, plus rarement en fibre de carbone, les jambes télescopiques sont simples ou doubles. Les jambes doubles rendent le trépied plus lourd et plus encombrant ; néanmoins, elles sont les seules à apporter un gage de vraie stabilité. Pour vous en convaincre, regardez les très gros trépieds professionnels qui coûtent des milliers d’euros (tête non comprise) : tous ont des jambes doubles. Il doit bien y avoir une raison...


Trépieds Sachtler supportant
jusqu’à 95 kilos.


Trépied Manfrotto MDeVe
à jambes simples.

Les jambes doubles, utilisées par les professionnels depuis l’époque héroïque où les trépieds étaient encore en bois, sont maintenant proposés sur les modèles destinés aux caméras légères : il faut donc en profiter.

J’utilise pour ma part un trépied Vinten Pro 5, dont les jambes correspondent dans la gamme Manfrotto (les deux sociétés font partie du même groupe) à la référence 525. Ce trépied convient parfaitement à la DVX100B, ainsi qu’à toutes les caméras du même genre, voire plus lourdes.


Les jambes se déploient et se verrouillent à n’importe quelle hauteur
grâce à des leviers, d’emploi beaucoup plus rapide que des papillons
.

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L’écarteur ou spreader

Le spreader est un accessoire, généralement en plastique rigide, qui joint les jambes du trépied à mi-hauteur ou à la base, procurant un surcroît de rigidité (et donc de stabilité) à l’ensemble.

Ma préférence va aux spreaders installés à la base des jambes, dont l’effet est mécaniquement plus important. De plus, ces spreaders possèdent des bras extensibles qui permettent de continuer à les utiliser même lorsque le trépied est en position basse, jambes très écartées (jusqu’à un certain point, en tous cas).


Le spreader en position de tournage standard.


Trépied en position basse, spreader ouvert au maximum.


Autre vue du trépied avec le spreader ouvert.

Un avantage supplémentaire du spreader placé à la base des jambes est qu’on peut le détacher du trépied pour ouvrir encore davantage les jambes (lorsque la caméra doit être placée très bas). Lorsque le spreader est détaché, les jambes se terminent par une double pointe en acier permettant de les ancrer solidement sur sol instable (terre, sable, gravillons, etc., voir photo ci-dessous).


Les pointes d’acier ancrent solidement le trépied dans les sols instables.
La pointe intérieure s’utilise lorsque les jambes du trépied sont très ouvertes.

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La tête

C’est bien sûr la partie la plus importante, et largement la plus coûteuse, du trépied. Un grand nombre de fabricants n’hésitent pas à affirmer que leurs trépieds sont équipés d’une « tête fluide », bien conscients du pouvoir d’attraction de ces mots sur les clients, alors même que les têtes en question sont de banales têtes à friction dont les mouvements ne sont fluides que sur la publicité !

Même Manfrotto a cédé aux sirènes du marketing en qualifiant de fluide sa tête 501, alors qu’il ne s’agit que d’une tête à friction—au Téflon cependant, il est vrai. Pour en avoir utilisé une pendant deux ans en pestant contre son manque de souplesse, et pour avoir aujourd’hui le plaisir d’utiliser une vraie tête fluide (modèle 503), je peux vous assurer qu’il y a une énorme différence dans le confort de mise en œuvre et les résultats obtenus !


La vraie tête fluide Manfrotto 503.

Un panoramique réussi ne démarre jamais brutalement. Il commence lentement, monte progressivement à sa « vitesse de croisière », puis ralentit peu à peu pour s’arrêter comme sur un coussin d’air. Accélération et décélération peuvent être plus ou moins rapides mais ils sont toujours là, sauf exceptions dictées par la nature du plan à tourner, et seule une vraie tête fluide permet ce genre d’enchaînement.


La photo ci-dessus et celle qui suit montrent les boutons de réglage
de la fluidité de la tête dans le sens vertical et latéral.

 

Les accessoires de la tête

La platine rapide est un important accessoire de confort et de sécurité, présent sur toutes les têtes de qualité. Une semelle, qui reste à demeure solidement vissée sous la caméra, s’enclenche dans la platine par simple glissement, et une butée de sécurité empêche la caméra de tomber une fois insérée dans la platine.

Capable de coulisser d’avant en arrière sur plusieurs centimètres en fonction de sa longueur, la semelle permet l’équilibrage de la caméra sur la tête du trépied, et l’emploi de plusieurs platines du même modèle permet de faire passer rapidement la caméra, par exemple, du trépied au steadicam ou d’un trépied à l’autre.


Tête équipée d’une semelle pour recevoir les platines rapides.
L’ergot rouge assure un verrouillage automatique de la platine lors de son
insertion, évitant tout risque de chute de la caméra.

Le ressort de rappel est présent sur les têtes fluides les plus perfectionnées. Parfois ajustable selon le poids de la caméra grâce à plusieurs ressorts interchangeables de forces différentes, ce système a pour but de « rappeler » la caméra dans la position définie au départ dès qu’on relâche le levier de panoramique. Alternativement, il est aussi possible d’équilibrer le système de manière à ce que la caméra reste dans la position où elle se trouve, même lorsqu’on cesse d’exercer une action sur le levier.

Le levier ou bras de panoramique sert à « piloter » la tête ; les meilleurs sont télescopiques, munis d’une mousse antidérapante offrant une bonne préhension, et une tête digne de ce nom se doit de proposer deux emplacements pour le fixer... non seulement pour droitiers et gauchers, mais aussi pour pouvoir utiliser deux leviers simultanément, et ainsi meux contrôler les mouvements de la tête, spécialement pendant les déplacements verticaux ou composites (en diagonale).


Exemple de deux bras de panoramique
montés en position arrière sur ce trépied Sachtler.

Personnellement, j’apprécie d’utiliser le second bras monté « à l’envers » (vers l’avant), afin que la main gauche puisse faire, en quelque sorte, « contrepoids » à l’action exercée par la main droite :


Enfin, certains fabricants proposent des bras équipés de reports de commandes permettant de contrôler avec le pouce certaines fonctions comme le démarrage et l’arrêt de la bande, ou encore le zoom :

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Changer de tête et garder les jambes

J’ai expliqué plus haut pourquoi il était intéressant d’investir dans un trépied à tête interchangeable. La dépose de la tête est très facile et se fait en dévissant le levier de mise à niveau situé sous la tête (voir photos ci-dessous). Une manœuvre semblable est également possible avec les trépieds à tête dite « plate », mais une tête à « bol hémisphérique » est préférable car elle permet, grâce au niveau à bulle, de régler très facilement l’horizontalité de la caméra sur des sols irréguliers, ou si les jambes du trépied n’ont pas été déployées avec précision.

Ce « bol hémisphérique » est tout simplement la demi-sphère qui se trouve sous la tête. Cette partie, en général lubrifiée à sec, vient s’insérer dans le logement correspondant du trépied.


La base de la tête et son système de fixation.


Le bol hémisphérique du trépied (ici un diamètre de 75 mm)


La tête en position sur le trépied


Bons tournages !

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