La tête
C’est bien sûr la partie la plus importante, et largement la plus coûteuse, du trépied. Un grand nombre de fabricants n’hésitent pas à affirmer que leurs trépieds sont équipés d’une « tête fluide », bien conscients du pouvoir d’attraction de ces mots sur les clients, alors même que les têtes en question sont de banales têtes à friction dont les mouvements ne sont fluides que sur la publicité !
Même Manfrotto a cédé aux sirènes du marketing en qualifiant de fluide sa tête 501, alors qu’il ne s’agit que d’une tête à friction—au Téflon cependant, il est vrai. Pour en avoir utilisé une pendant deux ans en pestant contre son manque de souplesse, et pour avoir aujourd’hui le plaisir d’utiliser une vraie tête fluide (modèle 503), je peux vous assurer qu’il y a une énorme différence dans le confort de mise en œuvre et les résultats obtenus !
  
La vraie tête fluide Manfrotto 503.
Un panoramique réussi ne démarre jamais brutalement. Il commence lentement, monte progressivement à sa « vitesse de croisière », puis ralentit peu à peu pour s’arrêter comme sur un coussin d’air. Accélération et décélération peuvent être plus ou moins rapides mais ils sont toujours là, sauf exceptions dictées par la nature du plan à tourner, et seule une vraie tête fluide permet ce genre d’enchaînement.
  
La photo ci-dessus et celle qui suit montrent les boutons de réglage
de la fluidité de la tête dans le sens vertical et latéral.
  
Les accessoires de la tête
La platine rapide est un important accessoire de confort et de sécurité, présent sur toutes les têtes de qualité. Une semelle, qui reste à demeure solidement vissée sous la caméra, s’enclenche dans la platine par simple glissement, et une butée de sécurité empêche la caméra de tomber une fois insérée dans la platine.
Capable de coulisser d’avant en arrière sur plusieurs centimètres en fonction de sa longueur, la semelle permet l’équilibrage de la caméra sur la tête du trépied, et l’emploi de plusieurs platines du même modèle permet de faire passer rapidement la caméra, par exemple, du trépied au steadicam ou d’un trépied à l’autre.
  
Tête équipée d’une semelle pour recevoir les platines rapides.
L’ergot rouge assure un verrouillage automatique de la platine lors de son
insertion, évitant tout risque de chute de la caméra.
Le ressort de rappel est présent sur les têtes fluides les plus perfectionnées. Parfois ajustable selon le poids de la caméra grâce à plusieurs ressorts interchangeables de forces différentes, ce système a pour but de « rappeler » la caméra dans la position définie au départ dès qu’on relâche le levier de panoramique. Alternativement, il est aussi possible d’équilibrer le système de manière à ce que la caméra reste dans la position où elle se trouve, même lorsqu’on cesse d’exercer une action sur le levier.
Le levier ou bras de panoramique sert à « piloter » la tête ; les meilleurs sont télescopiques, munis d’une mousse antidérapante offrant une bonne préhension, et une tête digne de ce nom se doit de proposer deux emplacements pour le fixer... non seulement pour droitiers et gauchers, mais aussi pour pouvoir utiliser deux leviers simultanément, et ainsi meux contrôler les mouvements de la tête, spécialement pendant les déplacements verticaux ou composites (en diagonale).
Exemple de deux bras de panoramique
montés en position arrière sur ce trépied Sachtler.
Personnellement, j’apprécie d’utiliser le second bras monté « à l’envers » (vers l’avant), afin que la main gauche puisse faire, en quelque sorte, « contrepoids » à l’action exercée par la main droite :
  
 
Enfin, certains fabricants proposent des bras équipés de reports de commandes permettant de contrôler avec le pouce certaines fonctions comme le démarrage et l’arrêt de la bande, ou encore le zoom :
  
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